Ligue d'Aquitaine d'Aïkido et de Budo

Entretien avec Jacques BONEMAISON

Jacques BONEMAISONQui est Jacques BONEMAISON ?

Je répondrai comme le faisait Maître SHIRATA.

D’où je viens ? Qui je suis ? Où je vais ?

Les débuts dans l’aïkido

J’ai débuté l’aïkido à CLERMONT FERRAND en octobre 1969. Mon premier professeur a été Gérard BLAIZE. C’est lui qui m’a donné la passion de cette discipline.

Lorsque j’étais jeune, j’étais attiré par tous les arts martiaux et par tout ce qui venait du Japon. J’étais fasciné par le côté magique et mystérieux de ces disciplines asiatiques.

J’ai attendu d’avoir 21 ans pour acheter un kimono et m’inscrire dans un club car mon père refusait de me donner son accord pour que je pratique un art martial.

Au début je voulais faire du karaté parce que j’étais attiré par tout ce qui était efficace. Mais je n’avais pas de moyen de locomotion et c’était cher.

Je suis allé assister aux cours de judo. Le professeur à qui j’avais demandé ce qu’il fallait faire lorsqu’on était attaqué dans la rue m’a orienté vers l’aïkido.
Au cours de mon premier contact avec l’Aïkido j’ai été séduit par l’attitude des pratiquants. Ils se tenaient bien, ils étaient assis correctement. Je dirai qu’ils avaient un bon sishei.

Je suis allé voir le professeur qui m’a écouté et qui a essayé de répondre à mes questions. Il m’a consacré un long moment après le cours. Sa disponibilité m’a agréablement surpris. Bien longtemps après, j’ai compris qu’un enseignant n’était pas seulement un super technicien.

Que représente l’aïkido pour vous ?

C’est tout ce qui est vivant. L’aïkido représente pour moi le décryptage du fonctionnement de tout être vivant humain, animal, végétal, voire plus. C’est un art biologique.

Apport de l’aïkido ?

L’aïkido apporte tout à condition de vouloir le recevoir. La pratique de cette discipline permet de rencontrer ce qui est essentiel en soi. C’est une démarche pour trouver sa vraie place, c’est une méthode pour éroder l’égo, pour le transcender. C’est un cheminement parmi d’autres.

Est-ce que la pratique s’arrête au tatami ?

Si la pratique de notre discipline s’arrêtait au tatami elle n’aurait aucun sens. Si c’était le cas on aurait une illusion d’aïkido. Il faut appliquer l’aïkido dans la vie de tous les jours.

L’aïkido en France

En France on essaie de pratiquer l’aïkido. On y arrive plus ou moins bien. Il faut beaucoup de travail avant de pouvoir dire que l’on pratique à peu près correctement notre discipline.

Evolution de l’aïkido en France.

Il faudrait avoir beaucoup d’intuition pour savoir ce que souhaite faire les pratiquants français. Qu’est ce que souhaite l’être humain aujourd’hui. En quoi l’aïkido que nous proposons peut apporter une réponse aux questions que se posent les gens de nos jours.

Je ne suis ni un technicien, ni un philosophe.

Technicien c’est un titre que l’on m’a donné mais que je n’ai pas réclamé. Philosophe est un mot que l’on emploie souvent de manière péjorative pour désigner quelqu’un qui est loin des réalités. Quand il est employé dans le bon sens on qualifie un génie de la pensée.

Pour moi, tout être humain est philosophe du moment qu’il est différent de l’animal.

On est dans l’ère technicienne depuis le début de l’industrialisation en France. Etre qualifié de technicien n’est pas toujours un compliment.

Je pense que c’est une mauvaise traduction du terme japonais WAZA. Maître DESHIMARU parlait de waza qu’en il évoquait le zazen et qu’il demandait à ses élèves de garder la posture adéquate et de ne plus bouger. La technique en aïkido n’est donc pas toujours ce que l’on croit.

Les armes dans l’aïkido

A l’Aïkikaï on ne travaille plus les armes. Mais les armes sont omniprésentes dans la culture japonaise.

Mon référent c’est Maître TAMURA. Quand je le vois une arme à la main ou à mains nues je rencontre le même personnage terrifiant.

On peut avancer dans la perception de l’aïkido avec le travail des armes. Mais si l’on suit uniquement le travail des armes on se retrouve dans le kendo ou le jodo.

Les armes en aïkido restent un moyen d’étude.

Maître TAMURA est un homme au grand cœur sinon il ne serait plus là. Il est grand dans l’aspect martial. C’est pour cela qu’il devient terrifiant. Quand on a atteint ce niveau là on développe la bonté d’âme.

Quand je vais au Japon j’y vais avec Maître TAMURA pour découvrir le Japon que l’on ne perçoit pas au premier abord. Il faut aller dans ce pays avec d’autres objectifs que des objectifs touristiques. Il faut découvrir l’âme du Japon.

Qu’est ce qui vous fascine dans la culture japonaise ?

Je peux y retrouver ce que je n’arrive plus à retrouver dans ma propre société et qui fait pourtant partie de mon identité. C’est une quête de soi-même. Je n’ai donc pas envie de pratiquer m’importe quel aïkido car je n’ai pas envie de perdre mon temps.



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